Le tigeage : quels accélérants pour le cyanoacrylate ?

J’ai mis longtemps à franchir le pas. J’ai mis beaucoup de colle, croisé beaucoup de doigts, et beaucoup râlé quand le résultat ne me convenait pas, en particulier quand la peinture ou la texture du sol bavait sur la figurine préalablement collée au socle, et j’ai fini par céder et admettre que oui, il faut tiger certaines figurines. Après avoir regardé plein de tutos, je me suis lancée sur des termagants. Peut-être pas les plus simples pour commencer rapport à la finesse de leurs pattes ; ça pousse la courbe d’apprentissage. Et comme personne n’a envie de lire la 25e version de comment faire un trou et y planter un bout de métal, rien que pour le blog j’ai fait un comparatif des différentes substances qu’on peut utiliser pour améliorer le processus.

Matériel :
. perceuse (j’ai une petite Dremel, parce que grosse flemme d’utiliser une perceuse à main)
. forets de 1,2 mm
. trombones
. cyanoacrylate (SuperGlue)
. accélérant : choisir entre bicarbonate de soude, eau, alcool isopropylique, poudre de graphite

Le perçage de la figurine doit impérativement se faire à faible vitesse, sinon le plastique fond et le trou se rebouche dès le foret retiré. Je le fais en plusieurs fois, généralement, pour une profondeur d’environ 1 cm dans la figurine. À défaut d’avoir un système de stéréotaxie, faut bien viser. Le socle est plus simple (à condition d’éviter de percer un caillou).

Le foret de 1,2 mm est pile au bon diamètre pour enfiler un trombone déplié dans le trou. Je mets une petite goutte de cyanoacrylate sur l’orifice, une autre petite au bout du trombone, et han-da. Les premières fois j’ai voulu attendre que la colle polymérise toute seule, mais ça prend du temps et ça bringueballe : le cyanoacrylate a besoin de l’humidité de l’air (et des ions hydroxyles qui vont avec) pour polymériser, et quand toute la tige est plantée dans du plastique forcément c’est plus lent. Quel accélérant choisir pour accélérer la prise du cyanoacrylate ?

C’est par un tuto Youtube que j’ai d’abord eu l’idée du bicarbonate de soude. En réalité, n’importe quelle base faible convient (les acides faibles comme l’acide citrique, en revanche, stabilisent la colle et retardent sa polymérisation). Il suffit de saupoudrer la colle fraîche avec le bicarbonate ; la polymérisation est quasi instantanée. D’après ce que j’ai pu lire, il semblerait que la matrice formée soit beaucoup plus résistante que celle qui se forme spontanément. La réaction est légèrement exothermique, mais pas au point de fragiliser la figurine. J’ai utilisé cette technique sur la plus grande partie mon armée rouge tomate avec d’excellents résultats en termes de solidité mais il faut prévoir de peindre par dessus en raison de l’inconvénient majeur : le petat obtenu est blanc. Je n’ai pas à ma disposition d’instrument de mesure ad hoc, mais j’ai l’impression que le volume du mélange augmente légèrement.

Certes, sur celui-ci j’avais mis la dose.

L’eau est également un accélérant de la polymérisation du cyanoacrylate, de par les ions hydroxyles qu’elle contient. Le résultat obtenu est lisse et plat, comparable à ce qu’on aurait en laissant sécher normalement, mais la polymérisation est beaucoup moins rapide qu’avec le bicarbonate et surtout beaucoup moins solide. Sur la seule figurine que j’ai tigée ainsi, il a fallu que je remette du cyanoacrylate (+ bicarbonate) parce que ça bringuebalait. Je déconseille. Je n’ai donc pas essayé avec l’alcool isopropylique, parce que c’est le même mécanisme fondamental de réaction.

La poussière de graphite, en revanche, fonctionne très bien. On l’obtient en taillant un crayon de papier classique et en collectant la poussière de la mine. La réaction est aussi rapide qu’avec le bicarbonate de soude et le point de colle prend un aspect gélatineux avant de se figer. La solidité est au rendez-vous : d’après certaines vidéos sur Youtube, la matrice obtenue est beaucoup moins fragile que celle au bicarbonate. Le gros avantage que j’ai trouvé est l’absence d’expansion du mélange, et quand on a un espace restreint c’est je pense un vrai plus utile. L’inconvénient, c’est qu’il faut prendre le temps de tailler un crayon et récupérer la poussière.

Socle avec tige prise dans le cyanoacrylate saupoudré de poudre de graphite.

Au total, pour le tout venant je resterai sur le bicarbonate par simplicité (piocher dans le gros pot c’est simple). Mais je vois des utilités pour la poudre de graphite pour tiger des petits éléments à des endroits qui se voient, en augmentant leur solidité tout en rendant leur fixation plus discrète.

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