J’aime beaucoup coller de la vraie mousse sur mes socles, parce que les végétaux naturels ont une délicatesse et une richesse de détails inimitables. Mais la mousse sèche, c’est moche et ça perd sa forme. N’écoutant que mon courage, j’ai voulu faire un test avec un conservateur et l’essayer, c’est l’adopter.
Le AK Natural Leaves & Plants Neutral Protection. Ce que la dame espagnole explique ci-dessous, c’est que le liquide remplace la sève de la plante pour la conserver :
Le principe est simple et élégant : 24 heures dans la marinade, puis laisser sécher sur une feuille de papier absorbant. J’ai apporté cependant une petite modification à son protocole en versant dans un pot de confiture (vide) la juste quantité de liquide nécessaire plutôt que de plonger le végétal directement dans la bouteille. La manipulation est plus simple et surtout on conserve ainsi le stock de liquide propre. On peut en effet tout à fait réutiliser le liquide d’une fois sur l’autre, mais si on le laisse traîner trop longtemps après utilisation des moisissures se forment à la surface, j’imagine centrées sur des souillures organiques.
Le résultat sur les mousses est remarquable : la plante est très souple, peut être manipulée avec quasiment plus d’aisance qu’à l’état frais, et a l’apparence bien hydratée d’une bryophyte après la pluie. La couleur, cependant, va s’oxyder progressivement et le pigment vert de la chlorophylle devenir ocre.

J’ai testé aussi, pour voir, sur un petit rameau de vigne vierge. La plante étant moins rigide que la mousse, elle devient très souple. Trop. Elle est jolie, mais difficile à positionner en raison de sa mollesse. J’imagine que le potentiel capillaire de la plante est (de manière assez logique) réduit à zéro et que les plantes qui piquent du nez quand elles sont privées d’eau sont de mauvaises candidates pour ce produit. Vous remarquerez que la dame espagnole qui vend le produit ne montre pas le résultat sur les feuilles qu’elle a sélectionnées. Je n’essaierais pas sur les trèfles, les plantes annuelles, la plupart des fleurs ou les jeunes pousses. Du lierre pourquoi pas, du buis, du cotoneaster ou des herbacées pour éviter que la feuille sèche ne devienne cassante, mais personnellement je vais surtout en rester aux mousses. Et aux résineux : je viens de faire un petit lot de rosettes d’aiguilles de cèdre qui seront juste à la bonne échelle pour figurer des arbustes. J’espère que le fixateur empêchera les aiguilles de tomber. L’avenir le dira : je viens seulement de les sortir du produit. Je m’attends d’ici quelques semaines à la même décoloration que pour les mousses.

La plante ainsi préservée peut être peinte absolument comme on le souhaite, et fixée d’un point de colle blanche ou inclue dans une résine époxy.
C’est un bon produit qui m’a permis de me constituer un joli stock de mousses et quand la bouteille sera vide j’en rachèterai une. Il n’est cependant pas universel et ne conviendra pas à toutes les utilisations.