La couleur des élytres des coléoptères est souvent une couleur structurelle, c’est-à-dire qu’elle n’est pas causée par un pigment mais par le comportement de la lumière elle-même sur la surface qui va absorber, réfléchir et diffracter certaines longueurs d’onde (lisez l’article Wikipédia, il est passionnant). C’est notamment ce qui permet d’obtenir les effets d’iridescence et on le retrouve entre autres dans les plumes des oiseaux, la nacre ainsi que les ailes des papillons. Certaines fleurs, comme les boutons d’or, utilisent et des pigments et la couleur structurelle pour être plus brillantes.
Je savais que c’était cet effet que je voulais obtenir, et je m’y suis collée avec une vague idée de comment ça fonctionne dans la nature. Le résultat a dépassé mes espérances. Il n’y a pas de photo étape par étape parce qu’à l’époque j’étais loin de penser faire un tuto un jour.

1. Couleur de fond
Simple, c’est trois couches de Naggaroth Night (Citadel) sur une sous-couche blanche, pour avoir une bonne opacité. Pas de dilution, peinture prélevée directement dans le pot avec un pinceau humide et c’est l’imprégnation en eau du pinceau qui se charge de fluidifier.
2. Iridescence
Une simple couche de doré ne permettant pas d’avoir une iridescence, j’ai fait un brossage à sec successif de deux nuances de chez Prince August : Rouge Sunset (802) et Emeraude (838). Je n’ai pas superposé les deux (mélangés ils vont un violet très proche de Naggaroth Night) mais j’ai fait par zone : un bout en rose, un bout en vert, en changeant les zones d’une figurine à l’autre pour avoir des variations entre chaque figurine. Les termagants voyagent par 10 et ce qui est joli chez eux c’est l’effet de masse grouillante. Changer légèrement la couleur des reflets entre les figurines permet de donner une illusion de mouvement. Le brossage à sec n’est fait que d’arrière en avant pour accrocher majoritairement le pigment sur les reliefs.
3. Reflets
Mais c’est pas tout ça, il faut que ça brille et ça je l’ai eu avec une de mes peintures préférées : Auric Gold (Citadel). C’est un doré très transparent qui fait un miroir semi-réfléchissant. Je l’ai brossé à sec partout sur les carapaces comme un gros cochon pour bien tout recouvrir de manière uniforme.

Pour introduire encore une fois de la variété entre les figurines, j’ai fait sur certaines un deuxième brossage à sec plus ponctuel de Brass Scorpion (Citadel) ou de Médium Métal (Prince August 521), soit sur le crâne soit sur l’échine.

4. Ombres
Alors ça je l’ai fait six mois après le reste parce qu’un peintre de haut vol dont j’ai oublié le nom parce que je regarde pas Youtube m’a dit à l’occasion d’une convention que c’était très joli mais que ça manquait de relief, que les carapaces d’insectes dans la nature il y a des zones très noires et qu’il fallait pas avoir peur de faire de gros contrastes sur les figurines. Et ensuite mon Parasite de Mortrex a quand même reçu un des prix de la catégorie débutants, j’étais fière comme Artaban mais en rentrant à la maison j’ai repris tout le troupeau de 20 termagants + les autres.

Déjà la peinture noire Citadel est nulle pour ça parce que pour une raison chelou quand on la dilue assez pour l’envoyer dans les coins, une sale couche blanchâtre se forme à la surface. Me demandez pas ce que c’est, si c’est le médium, si c’est un additif, mais c’est super moche. A la place, j’ai pris ce qui m’avait servi pour les ombres du Parasite de Mortrex ici photographié, et ce qui est juste le meilleur noir de l’univers à part le Vantablack : l’encre de Chine pour stylo Rötring. C’est l’encre la plus noire que j’ai jamais vue tout en restant très fluide, et j’en ai testé un paquet pour le dessin et la calligraphie (certaines encres de Chine sont assez épaisses, ce qui donne un relief supplémentaire extra sur du papier, par exemple la Sennelier, mais là ça n’irait pas).
Malgré sa fluidité, il faut la diluer, sinon elle est trop noire et on ne veut pas non plus faire disparaître totalement la couleur sous-jacente. Surtout qu’ici en l’occurence il faut garder la possibilité d’un reflet dans l’ombre. Je fais habituellement 5 ou 6 gouttes d’eau (selon la taille des gouttes) pour une goutte d’encre ; c’est la limite, après ça le médium se sépare du pigment. Ensuite, au pinceau bien fin, la déposer dans les recoins des écailles et les creux les plus marqués.

Un bon truc, surtout sur les grosses figurines comme le Psychophage, c’est de faire l’ombre plus large dans les endroits où la ligne d’ombre est concave : ça donne l’illusion d’une ombre portée plus grande, d’une plus grande distance verticale entre les écailles et donc davantage de profondeur.

Et c’est tout ! Le plus long dans l’affaire, c’est d’attendre que ça sèche entre les couches.