Tout est parti de la Criocère du Lys, Lilioceris lilii, qui m’a bouffé plusieurs pieds de lys dans le jardin mais est d’un rouge qui est l’essence même du rouge. C’est le rouge le plus rouge à avoir jamais rougeoyé. La solution au jardin a été de planter plus de lys, et en peinture d’essayer de voir ce que ça donne sur une figurine.

Pour le corps, rien de foufou : sous-couche noire et brossage à sec Vallejo Cream White sur les rehauts.
Pour la carapace, il n’est pas question de couleur structurelle comme pour les carapaces mordorées, mais d’augmenter le relief naturel des écailles de la figurine. Au final, il y a assez peu de rouge carmin qui pète sur la figurine finie, mais ça n’est pas très grave parce que l’impression d’un tout rouge-rouge y est.
1. Trois couches de Vallejo Carmine Red. Un rouge extraordinaire dont le seul défaut est la transparence. Trois couches non diluées, c’est le strict minimum et encore, si on laissait tel quel il en faudrait une quatrième. Il ternit en séchant, mais ça se rattrape à la fin avec le vernis.

2. Larges aplats d’ombres : Vallejo Nocturne Red. Si on regarde la photo de la Criocère, on voit qu’il y a de larges plages d’ombre diffuse et peu marquée sur les parties déclives des élytres. J’applique une bande de Nocturne Red sur les parties déclives et dans les recoins des écailles, en estompant le bord de la bande juste posée avec un pinceau humide. Pas mouillé, juste humide. Je ferai un article sur le pinceau que j’ai acheté exprès pour ça, parce qu’il est extra, mais en attendant sachez déjà que c’est un pinceau à gouache/huile.

3. Rebord des écailles et aplats lumineux : Vallejo Hot Orange. Même principe que pour les aplats. Sur les termagants je l’ai fait au brossage à sec, sur les neurolictors j’ai appliqué au pinceau, mais dans tous les cas il faut une couche fine et transparente. En cas de brossage à sec, il vaut mieux le faire avant les aplats d’ombre pour éviter de se retrouver avec un orange dégueulasse dans les coins. Ou être prêt psychologiquement à repasser un coup de Nocturne Red. Quoi qu’il en soit, à ce moment, il se passe quelque chose de terrible : ça devient super moche. Je ne sais pas pourquoi, mais cet orange est remarquablement laid quand il est appliqué en couche fine et qu’il n’a rien de plus clair posé par dessus ensuite. Il vole la couleur, alors qu’on le voit à peine. Mais il fait le taf d’éclaircissement et au final c’est tout ce qu’on lui demande à ce stade de l’intervention.

4. Orler le bord libre des écailles au Vallejo Hot Orange pur. De l’opacité. De l’orange qui claque sa maman. En ligne fine qui court le long du bord ou en platch sur un point lumineux. Pinceau 10/0. Je ne fais pas feathering sur mes titis. J’ai vu des tutos. J’ai vu une tétrachiée de figurines peintes dans ce style, toutes plus belles les unes que les autres, mais je n’arrive pas à faire 35 lignes droites parallèles à main levée sur chaque écaille, et puis ça ne fait pas le style que je veux, d’abord.
5. Repasser des aplats de Carmine Red sur les zones entre le Nocturne Red et le Hot Orange qui paraissent trop délavées, pour ramener de la rougeur.
6. Créer les ombres les plus dures, celles qui courent au fond des crevasses entre les écailles, par de l’encre de Chine Rötring pour stylo, diluée avec 5 gouttes d’eau pour 1 goutte d’encre. Pinceau 15/0, bien chargé pour que la capillarité traîne l’encre partout, et on suit les creux. Et on estompe avec le même pineau de tout à l’heure pour que le bord de l’ombre ne soit pas trop violent. Sur les neurolictors, j’en ai aussi profité pour essayé, sur un des modèles, de faire des fentes dans les écailles. Je recommencerai.

7. Une fois que c’est bien sec, un gros coup de vernis acrylique brillant bien rustique appliqué au pinceau. J’utilise un pot de vernis Dalbe qui date probablement de 2003 ou 2004, sincèrement pas besoin d’investir. Ce n’est pas grave si on voit les coups de pinceau, le vernis en séchant va se tendre, et puis il faut donner de l’épaisseur en plus du brillant. Le vernis va réveiller l’intensité du Carmine Red et faire étinceler les écailles au moindre changement de position.

J’imagine que, si on voulait, on pourrait aussi appliquer des rehauts blancs sur les quelques points qui accrochent le plus la lumière, mais je n’ai pas essayé. Peut-être un jour prochain.
