Bases aquatiques, essais et pas à pas

J’avais dit que parce que j’étais en vacances je ferai plein d’articles. Hum. Bon. Bref.

L’idée de faire des bases en résine façon marécage m’est venue en fin d’hiver avec la kill team Murderwing/Meurtrescadre, parce que toutes les figurines sont représentées en vol (ainsi qu’en combat), et l’idée de Nighlords qui préfèrent voler à patauger dans la tourbière me faisait rigoler.

Pour les moules, j’ai pris des moules à endiguement de chez Green Stuff World et ils font le job. Ce niveau de technologie étant plutôt simple, j’imagine que toutes les marques se valent.

J’ai regardé des tutos, et j’ai fait des essais plus ou moins fructueux. Déjà, le choix de ce qui fera le mouillé. L’Acrylic water de chez Ammo, c’est (peut-être) bien pour faire du ton sur ton en couche fine et en trompe-l’œil, mais en couche épaisse pour donner un vrai volume, c’est un grand nom. L’époxy cristal bi-composants de magasin de bricolage, c’est mieux mais c’est plein de bulles et la prise est trop rapide pour que les bulles dégagent (j’imagine cependant que si on veut un aspect d’eau pétillante c’est parfait). Au final, j’ai pris ce qui est fait pour : la résine Cristal « Moulage et Inclusions 50% Bio » de chez Pébéo. La transparence est également meilleure.

Pour les pigments, il faut absolument des pigments compatibles époxy. Ce qui est hydrosoluble (encres, aquarelle…) ne se mélangera pas. Sur la photo de l’époxy de magasin de bricolage n°2, j’ai essayé de mélanger de l’encre Sennelier sépia à la gomme arabique et on voit que, ben, non. J’imagine que si on sciait la base en deux on trouverait l’encre encore liquide à l’intérieur, comme ces cristaux de quartz qui contiennent des inclusions d’eau. J’ai essayé des pigments en poudre (sur la photo de la résine Pébéo) de mon magasin d’art, mais c’est très très chiant à dissoudre dans la résine et le dosage est aléatoire. Mes derniers essais se sont faits avec les pigments liquides Pébéo « Fluid Pigments » et c’est beaucoup plus simple, même s’il faut bien agiter le tube avant.

Dans une tourbière/zone humide/marais, l’eau est en effet souvent colorée par la terre, dans des tons qui vont du jaune d’or au marron, indépendamment des dépôts visibles à l’œil nu. Ce n’est que dans les lacs issus de la fonte des neiges que l’eau est vraiment bleue ou turquoise à cause de la farine de roche.

L’intérêt d’un marais (et de la résine époxy) est qu’on voit facilement le fond. Le fond n’est pas lisse, il est couvert de plantes aquatiques, dépôts de feuilles mortes, boues, et sur certains mondes des casques de Space Marines. La première étape est donc de créer de la couleur variée sur tout le socle. J’aime bien faire des taches de vert clair/vert khaki/brun avec des rehauts blanc cassé, appliqués sur un tartinage généreux de Vignette Mud Dry Earth qui a séché 24h.

Photo prise avant les rehauts de blanc

Ensuite, il faut créer du relief supplémentaire. On peut faire des étages avec du liège en plaques (à peindre en noir sur les faces verticales pour donner l’ombre de la berge et en vert ou autre sur le dessus pour faire le sol au soleil. On peut coller des éléments végétaux. J’ai un certain amour pour les brins de mousses conservés au préalable (faudra que je fasse un article dédié), mais il y a aussi le lichen, qui offre des couleurs et des textures intéressantes, la mousse d’Islande… Dans tous les cas, on peut peindre par dessus pour renforcer les contrastes.

Un exemple avec lichen (des arbres de la rue) et mousse naturelle (du jardin).

Pour couler la résine dans les bonnes proportions, j’avoue avoir piqué deux seringues de 10cc au taf. Mes premiers mélanges en utilisant les verres doseurs du kit Pébéo étaient foireux, la résine prenait mal, mais avec un dosage scientifique c’était parfait (calcul du volume : π*r2 *h, si on prend les mesures du moule en centimètres ça fait directement des millilitres). Si vous avez des ami.es dans la santé iels peuvent vous dépanner (et si c’est des vrai.es amie.s vous aurez même des seringues qui n’ont pas servi), mais j’imagine que ça se trouve en pharmacie de ville et sur internet. Les gros trocarts roses ne sont pas assez gros pour aspirer les composants de la résine, qui sont vraiment très visqueux. Il paraît que les vétérinaires ont des calibres supérieurs pour les gros animaux, mais je n’ai pas cherché et je plonge directement la seringue dans la bouteille.

Je conseille de mettre un poil plus de résine que ce que le moule peut contenir. L’idée n’est pas que ça déborde mais de faire bomber la surface de la résine, parce qu’elle se rétracte assez salement en durcissant.

Après une journée de repos, on a quelque chose comme ça :

Celle-ci est très jaune, mais c’est pour aller avec le variant rouge des Tyranides et le socle marécageux toxique du Psychophage

C’est joli, certes, mais le taf n’est pas fini. Sur cette base, j’ai dû tiger le monstre. Sur celles de la kill team, j’ai collé les figurines sur le liège avant de couler la résine, ce qui était au final plus simple, mais faut essayer des trucs dans la vie.

Pour faire des vaguelettes, j’ai rajouté par endroits de l’Acrylic Water « Claire », et après séchage j’ai fait un petit dégradé de blanc cassé au sommet des vaguelettes pour faire l’écume.

Comme on peut le voir sur les photos juste au-dessus, la tranche de la résine est moche. J’ai essayé de poncer puis vernir mais c’est pas mieux, et puis j’ai eu l’idée de faire un dégradé de noir partant du fond. C’est plus propre et ça donne l’impression d’une eau chargée en matières organiques.

Parlant de ça, il faut faire vivre ce marais en mettant des plantes à la surface. Pour ça, j’ai utilisé des AK Basing Bits, qui ont de très jolies rosettes de feuilles pour faire des plantes aquatiques non précisées, et des nénuphars. Un peu de verdure çà et là sur les cailloux qui dépassent, et voilà le résultat :

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